Préparation physique · carte n°23
30 tournois par an sans t'écrouler : le modèle 'en vagues' de Tennis Australia
Un jeune joueur ambitieux peut disputer jusqu’à ~30 tournois dans une seule année. Et là, tu tombes sur un problème que ni le marathonien ni le sprinteur ne connaissent : tu ne peux pas être à 100% tout le temps. La solution étudiée par les préparateurs (notamment du côté de Tennis Australia) porte un joli nom : périodiser « en vagues ».
L’idée choc : tu ne peux pas viser un seul grand jour
Un marathonien s’entraîne pendant des mois pour un seul grand jour. Le tennis, c’est l’inverse : des tournois presque toute l’année. Impossible de tout miser sur une seule date.
Imagine une playlist de sons. Si tu mets le volume à fond du premier au dernier morceau, tu finis avec mal aux oreilles et les enceintes cramées. Mieux vaut monter le son sur tes morceaux préférés et le baisser entre les deux. La forme d’un joueur de tennis, c’est pareil : elle doit monter et descendre par vagues.
Périodiser, ça veut dire quoi ?
Périodiser, c’est simplement planifier ta saison à l’avance en la découpant en phases. Au lieu de jouer « au feeling », tu décides où placer :
- tes pics de forme (tu veux être au top pour tel tournoi important) ;
- tes phases de récupération (tu lèves le pied pour laisser ton corps se reconstruire) ;
- tes phases de construction (tu bosses le physique et la technique sans compétition majeure).
Le modèle « en vagues » (ou périodisation ondulatoire : ça veut dire « qui varie en montant et descendant ») répartit plusieurs petits pics dans l’année au lieu d’un seul gros.
À fond tout le temps vs. en vagues
| À fond tout le temps | Modèle « en vagues » | |
|---|---|---|
| Niveau de forme | Toujours au max | Monte pour les gros rendez-vous, redescend après |
| Récupération | Quasi zéro | Prévue entre les pics |
| Risque | Blessure, fatigue, ras-le-bol | Bien plus faible |
| Résultat sur l’année | Tu craques en cours de saison | Tu tiens et tu es frais aux moments clés |
Comment ça marche concrètement
Avec ~30 tournois, tu ne peux pas tous les gagner. Alors tu choisis tes cibles :
- Repère tes 2-3 tournois vraiment importants de l’année (tes objectifs).
- Construis une vague vers chacun : tu montes en charge, tu affûtes, tu arrives frais le jour J.
- Utilise les autres tournois comme entraînement : tu joues, mais sans viser un pic parfait.
- Place des creux de récupération après chaque gros effort, sinon la vague suivante ne remontera jamais.
(Le chiffre de ~30 tournois est un ordre de grandeur : les jeunes compétiteurs internationaux jouent environ 18 à 30 tournois par an selon leur niveau et leur âge.)
En résumé
- Un jeune compétiteur peut jouer ~20 à 30 tournois par an : impossible d’être à 100% partout.
- Périodiser = planifier ta saison en phases (pics, récup, construction) au lieu de jouer au feeling.
- Le modèle « en vagues » vise plusieurs pics sur les tournois importants, avec des creux entre eux.
- Choisis 2-3 objectifs, sers-toi des autres tournois comme entraînement, et protège tes phases de récup.
Questions fréquentes
C'est quoi la périodisation au tennis ?
C'est le fait de planifier ta saison à l'avance en découpant l'année en phases : des périodes où tu montes en forme, des périodes où tu es au top pour un tournoi important, et des périodes où tu récupères. Au lieu de t'entraîner et de jouer 'au feeling', tu organises tes pics de forme pour qu'ils tombent au bon moment.
Pourquoi on parle d'un modèle 'en vagues' ?
Parce qu'au tennis tu ne peux pas te préparer pendant des mois pour un seul grand jour, comme un marathonien. Tu as des tournois presque toute l'année. Le modèle 'en vagues' fait donc monter et descendre ta forme par cycles : tu vises un pic pour les tournois importants, puis tu redescends pour récupérer, puis tu remontes. Ça ressemble à une suite de vagues, pas à une seule montagne.
Combien de tournois un jeune joueur joue-t-il par an ?
Ça dépend du niveau, mais un jeune compétiteur ambitieux peut jouer autour de 20 à 30 tournois par an, parfois plus. C'est justement ce grand nombre de compétitions étalées sur l'année qui rend impossible d'être à 100% à chaque fois, et qui oblige à choisir ses vrais objectifs.
Sources scientifiques
- Crespo M., Quinn A., Reid M. (éds.) — ITF Strength and Conditioning for Tennis, International Tennis Federation (2003 ; rééd. 2016) — un jeune compétiteur international dispute de l'ordre de 18 à 30 tournois par an, un calendrier dense quasiment sans intersaison qui rend une périodisation classique 'un seul pic' inadaptée et justifie un modèle à pics multiples ('en vagues')
- Perri T., Duffield R., Murphy A., Mabon T., Reid M. — 'Periodisation in professional tennis: a macro to micro analysis of load management strategies within a cluttered calendar', International Journal of Sports Science & Coaching, 2023 ; 18(3):772-780 — sur un calendrier tennistique encombré, la charge est réduite pendant les blocs de tournois et concentrée sur les blocs d'entraînement : la planification alterne montées de charge et allègements plutôt qu'un pic unique linéaire
- Ochi S., Kovacs M.S. — 'Periodization and Recovery in the Young Tennis Athlete', in Colvin A., Gladstone J. (éds.), The Young Tennis Player, Springer, 2016 — chez le jeune joueur, alterner phases de charge et phases de récupération planifiées sur l'année aide à gérer la charge, limiter le surmenage et arriver frais sur les compétitions ciblées
Notre règle : chaque carte s'appuie sur des travaux publiés. Si un chiffre est un ordre de grandeur (il varie selon les études), on te le dit dans le texte.
À lire ensuite dans « Préparation physique »
Un match = 300 à 500 changements de direction : accélérer, freiner, repartir
300 à 500 changements de direction par match : le tennis est un sport d'accélérations, pas d'endurance
Un match de tennis, c'est 300 à 500 demi-tours. La science le montre : ton corps travaille en accélérations courtes et freinages, pas en course longue.
1 point ≈ 5 s d'effort pour 15-20 s de repos — le tennis, c'est de l'intermittent
Un point de tennis dure ~5 s pour ~15-20 s de repos : pourquoi tu dois t'entraîner par intervalles
La science le montre : un point de tennis, c'est ~5 s d'effort pour 15-20 s de repos (ratio 1:2 à 1:5). Voilà pourquoi le footing long ne te prépare pas au match.
Tes rotateurs externes devraient valoir environ 66 à 75 % de tes rotateurs internes : c'est le ratio qui protège ton épaule
Le secret d'une épaule qui tient au service : muscler tes « freins » (le ratio ER/IR)
Au tennis, l'épaule tient si ses freins (rotateurs externes) sont assez forts. Vise un ratio ER/IR d'environ 66 à 75 % pour éviter la blessure.